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Football Réuni Saint Marcel

Michel Bradaïa est toujours vert




Michel Bradaïa continue de marquer malgré les années qui passent . Photo R.M

 

 

À bientôt 45 ans, Michel Bradaïa, ancien joueur professionnel, vient de signer trois doublés en Promotion de Ligue avec Saint-Marcel. Rencontre avec un homme jouant les prolongations.


Furtivement, il a, un jour, dit à son épouse qu’il arrêtait le football. Mais Michel Bradaïa, comme bon nombre de passionnés, n’a pas tenu parole. Et à 45 ans, l’ancien goleador de Louhans-Cuiseaux (Ndlr : 1998-2000 et 2000-2001, entrecoupé d’un passage au Portugal) a toujours l’amour du jeu.
De ce virus, il ne peut s’en débarrasser. Le voilà donc de retour à Saint-Marcel, club qu’il a rejoint il y a quelques semaines. Fonctionnaire d’état, Michel Bradaïa est surtout connu pour ses qualités devant le but.
À l’évidence, ses qualités de buteur n’ont pas disparu puisqu’il vient d’inscrire trois doublés consécutifs, en Promotion de Ligue, avec la réserve de Saint-Marcel. « J’ai un maximum de réussite » déclare-t-il comme pour adoucir sa performance. Bradaïa s’est même permis le luxe de marquer d’un geste qu’il affectionne particulièrement, la bicyclette. « À Louhans-Cuiseaux, on m’avait d’ailleurs surnommé “Michyclette” » se marre-t-il franchement.
C’est justement à Louhans-Cuiseaux que sa carrière a réellement pris une autre tournure. Nous sommes alors à la fin des années 1990 et le club bressan est en pleine ascension. Il sera même sacré, champion de France de National, avant de redescendre un an plus tard. Bradaïa se prend alors d’amour pour une femme et une région qu’il épousera.
Si le CSLC, de son nom d’époque, tient forcément une place à part dans son cœur, c’est pourtant le LOSC qui lui a offert son instant de gloire : un match en Ligue 1. Le seul et unique de sa vie. C’était à Metz, à quelques kilomètres de Bitche, sa ville natale, un soir de mai 1997. Face à Lionel Letizi, Rigobert Song, Sylvain Kastendeuch ou Robert Pirès, qui sera sacré champion du monde en 1998, Bradaïa touche quelques ballons. « Malheureusement, je n’ai pas eu d’occasions propres » rumine-t-il encore aujourd’hui.

« Je m’adapte aux jeunes »

Il ne le sait pas encore mais son étoile a déjà filé puisque le staff technique lillois ne lui offrira plus jamais la possibilité de montrer son instinct de buteur. « La Ligue 1 reste quand même ma plus belle expérience, même si ça ne se résume qu’à un match » souligne-t-il.
Aujourd’hui, c’est justement cette expérience du haut niveau qu’il essaye de transmettre à ses jeunes coéquipiers. Coéquipiers avec lesquels il jure ne pas être en décalage. « Déjà, je suis venu à Saint-Marcel, pour jouer. Je suis disponible, sérieux et respectueux. Si on fait appel à moi, je donnerai toujours le maximum. Ensuite, en ce qui concerne les jeunes, je m’adapte à eux. Le respect, ils l’ont. Ici, il y a des bons gamins. Ils n’ont pas une mauvaise mentalité. Je joue et je me fais plaisir. C’est tout. »

« Pas de limite »

À l’écouter parler, Michel Bradaïa donne l’impression d’être à l’apogée de sa carrière. La phrase est toutefois exagérée et mérite d’être policée. Disons plutôt que le Mosellan ne semble pas prêt à raccrocher les crampons, tant le plaisir du jeu semble lui coller aux basques.
Pourtant, à ce retrait des terrains, il y pense forcément. Car, à bientôt 45 ans, le football est loin dans le rétro et pas vraiment devant le capot. Étrangement, celui qui possède également ses diplômes d’entraîneur et qui a déjà eu plusieurs groupes sous sa responsabilité, ne parle pas instinctivement de la suite. « Je ne me fixe pas vraiment de limite, souffle-t-il, là aussi comme un gamin de vingt ans. Je crois qu’en fait, je n’ai pas envie d’arrêter. Franchement, Fabien (Ndlr : Garnier, le coach de l’équipe réserve de Saint-Marcel) et tous les joueurs me donnent envie de jouer. Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra dire stop. Mon objectif, c’est quand même de donner. »
Voilà, grâce à cette déclaration, son but est désormais connu. Michel Bradaïa, en plus d’être un joueur aux multiples vies, est surtout devenu, au fil des ans, un éducateur respecté. À Saint-Marcel, il prend le temps d’observer les rouages de la formation du jeune joueur. Et de distiller quelques précieux conseils. À deux garçons qui s’amusent sur le terrain d’honneur, il leur demande très poliment de quitter la pelouse pour ne pas la détériorer davantage. Quand d’autres auraient employé un ton sec et menaçant, lui a préféré les mettre en confiance avec des mots biens choisis. « Une pelouse, pour moi c’est comme un tatami. Il faut la respecter » s’excuse-t-il. Les jeunes l’ont bien saisi. Mais le jeune, c’est aussi lui.